Revue de presse Le Parisien

22 décembre 2004
Cet article paru au début de la création de Belleville en Vue(s) présente l’ association et son projet.

L’incroyable succès du cinéma itinérant

UN DIMANCHE SOIR de décembre, au Studio de l’Ermitage, rue de l’Ermitage (XX e ). Les 200 spectateurs dans la salle ont depuis longtemps oublié le froid et la nuit en riant aux sketchs des Monty Python projetés sur grand écran. « Y a encore une place pour une invalide ? » demande en souriant une femme en fauteuil roulant venue en compagnie de ses petits-enfants. Le film a commencé depuis un bon quart d’heure mais des personnes continuent d’arriver. « C’est notre quatrième projection depuis septembre dernier, explique Catherine Janvier, membre de l’association Belleville en vues qui anime ce cinéma itinérant dans le quartier. On diffuse gratuitement des courts-métrages, des documentaires sur le quartier et sur ses communautés étrangères. Mais aussi des fictions plus connues comme les Triplettes de Belleville ou d’autres à vocation militante telles que Violences des échanges en milieu tempéré , réalisé par Jean-Marc Moutout, dans le cadre d’une thématique sur le monde du travail. »
Créée en janvier 2004, l’association Belleville en vues est née de discussions de comptoir entre copains. « Graphistes, peintres, réalisateurs, archivistes, chômeurs... on est une trentaine de membres qui avons tous en commun une grande affection pour notre quartier et une volonté de le faire vivre, raconte encore Catherine Janvier. Certains d’entre nous se connaissaient déjà de l’association Belleville insolite qui propose des circuits touristiques. » Au fil des conversations, un projet éclôt pour que leurs rues ne deviennent pas un musée pittoresque. « En 1955, il y avait dans le coin 27 cinémas et plus qu’un en 2004, explique Pascale, membre de l’association. Ce projet de cinéma itinérant permet de diffuser des images sur ce quartier multiculturel mais surtout de promouvoir auprès des habitants et des acteurs locaux la création d’une vraie salle de cinéma. » De la salle des Restos du coeur, rue Haxo (XX e ) à la Maison des métallos (XI e ), tous les lieux possibles sont exploités. « Il y règne une bonne ambiance, raconte Catherine Janvier. L’été, on projette en plein air comme en septembre dernier dans le jardin solidaire de l’impasse Satan (XX e ). Cette fois-là, en plein pendant la projection, des jeunes filles ont bondi sur l’estrade et se sont mises à danser pour accompagner les vieilles dames du dessin animé les Triplettes de Belleville ! »

Association Belleville en vues, programme sur le site Internet : www.bellevilleenvues.net. Tél. 08.70.68.55.13.

Géraldine Doutriaux

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